Quand la hyène devient la Reine... quand le lion perd sa couronne!

Publié le par Sauvage

« Roi des animaux » ou « tonnerre de la brousse », tels sont les qualificatifs qui ont été donnés au lion.
Le lion inspire la vénération ou la terreur mais jamais le mépris. Ce n’est pas le cas de la hyène qui, elle, suscite le plus souvent le dégoût.
Pourtant, le lion ne se montre pas toujours à la hauteur de sa royale réputation. A l’inverse, la hyène, si décriée, fait souvent preuve d’un courage que son ennemi de toujours pourrait lui envier.
La savane africaine est un monde cruel. Cet univers est régi par une seule loi : survivre. Manger ou être mangé, prédateurs et proies se livrent à un combat sans merci et qui n’a qu’une seule issue.
Nous sommes bien loin de tout comprendre. Certains comportements inattendus restent un mystère même chez une espèce autant étudiée que le lion.

Quand la hyène devient la reine

La hyène tachetée (Crocuta crocuta) est le prédateur le plus puissant d’Afrique, juste après le lion. Cette hiérarchie n’est d’ailleurs pas vraiment appropriée. Le lion est effectivement le seul félin à pouvoir chasser des proies de plus de 250 kg.
Cependant, la hyène qui chasse également en meutes peut tuer n’importe quelle proie.

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Autrefois surnommées injustement « les charognards peureux », les hyènes sont en réalité suffisamment massives et puissantes pour attaquer un gnou.
On a longtemps cru que la hyène n’était qu’un charognard qui survivait en chapardant les proies des chasseurs tel que le lion ou se contentait de quelques carcasses en putréfaction.




C’est totalement faux. La hyène est aussi bonne chasseuse que le lion, ou plutôt la lionne, devrais-je dire.
Car comme on le sait aujourd’hui, le roi des animaux est un gros paresseux qui compte sur son harem pour survivre. (remarque humoristique à prendre au second degré car le rôle du mâle est primordial dans la survie d'un clan et donc de l'espèce).




Chaque fois qu’une horde de lionnes ou de hyènes met à mort une proie, le vacarme attire tous les locataires des lieux.
Et l’on a pu observer à de nombreuses reprises que c’est bien souvent les lions qui chapardent aux hyènes la proie fraîchement tuée.

On n’est jamais tranquilles ! C’est sûrement ce que doivent se dire les lionnes harcelées par des hyènes. La piraterie est une excellente stratégie alimentaire. Il n’y pas de commune mesure entre la puissance d’un lion de plus de 200 kg et d’une hyène de 80 kg.
Pourtant, avec quelques manœuvres d’intimidation, une horde d’une vingtaine de hyènes peut conquérir une proie encore chaude.




Après tout, les lions ne se gênent pas non plus pour pirater sans vergogne le repas des hyènes.






L’extrême compétition qui règne entre prédateurs de la savane a amené les hyènes à privilégier les chasses de nuit. Organisées en meutes redoutables, les hyènes tachetées sont imbattables pour ce qui est de la consommation d’os.
 
  
 
 


Cette hyène semble se moquer des lions.

Se dépêcher de manger est essentiel si l’on ne veut pas être obligé de défendre son butin. Les hyènes engloutissent donc leur repas à une vitesse hallucinante.
On a déjà observé un groupe de 35 hyènes dévorer un zèbre et son petit en une demi-heure. Seules les parties cornées et les poils ne seront pas assimilées.
La journée, les hyènes se reposent à l’abri du soleil. Mais, elles ont l’ouie fine. Aussitôt que des cris d’agonie résonnent dans la savane, elles se mettent en chasse.
Une horde importante aura tôt fait de submerger les félins qui seront obligés de décamper.
 



À la différence des lions, la structure sociale des hyènes tachetées est matriarcale. Les petits font l’objet des meilleurs soins. On n’a jamais observé d’infanticide chez les hyènes. Ce n’est pas le cas pour le lion comme on va le voir.

Quand le lion perd sa couronne

On sait depuis longtemps que lorsqu’un lion parvient à terrasser un chef de clan, il l’expulse de la harde.
Le nouveau roi tue ensuite les petits afin de pouvoir s’accoupler aux femelles. Ces meurtres assez fréquents sont justifiés par la survie de la lignée.



Par contre, jusqu’à présent, on n’avait jamais vu de lionnes tuer des lionceaux. On n’avait jamais non plus observé les membres d’un clan se battrent entre eux.
C’est pourtant ce qui s’est passé le 26 janvier 2005 dans la réserve du Massaï Mara. Cette scène étrange a été photographiée par Christine et Michel Denis-Huot, photographes et écrivains animaliers.
Vous pouvez retrouver le reportage dans son intégralité dans le magazine Terre Sauvage N°212.
Un clan de lion vit tranquillement dans une partie de cette réserve. En cette chaude journée, les lionnes partent en chasse comme à leur habitude.




Un troupeau de zèbres de Grant pourrait bien être un menu de choix. Mais, alertés par des babouins, les herbivores prennent la fuite.
Les lionnes, fins stratèges, anticipent les mouvements du troupeau et traversent un cours d’eau pour se poster à revers.
La stratégie fonctionne et bientôt des hennissements de terreur résonnent.




 
Seulement, ce clan, en traversant ce cours d’eau, a empiété sur le territoire d’un autre clan. Les mâles du clan rival ne tardent donc pas à arriver et chassent impitoyablement les lionnes et leurs petits.
Le lendemain matin, le calme est revenu mais il manque trois des onze lionceaux qui se sont égarés dans le tumulte de la veille.





Une journée passe puis deux des petits égarés rejoignent enfin la troupe. Petits et adultes se flairent et tout semble bien se passer.
Mais, subitement, une femelle se montre hostile. Bientôt ses compagnes l’imitent.
Un des lionceaux, sentant l’hostilité, lance un coup de griffe à un mâle puis essaye d’en faire autant sur l’une des femelles hostiles.





Subitement déchaînées, les femelles se jettent sur le petit et le jettent à terre sans ménagement.
Pour une raison inexplicable, toutes les lionnes se jettent sans prévenir sur les mâles.


 


Quelques lionnes se battent même entre elles.
Au paroxysme de la bagarre, le deuxième lionceau est également agressé. Grièvement blessé, il mourra peu après.
La troupe se calme aussi vite qu’elle s’est déchaînée. Les femelles se regroupent alors autour du premier lionceau qui agonise.
Puis, elles lui tournent le dos et s’éloignent.






Une des femelles emporte le bébé qu’elle mangera seule un peu à l’écart de son clan.
Ces deux lionceaux faisaient parti du clan et parmi les assaillantes, il y avait la mère. Pourquoi les femelles ont-elles rejetées les deux jeunes à leur arrivée ? Pourquoi le clan a-t-il commis ce meurtre envers sa propre progéniture ? Pourquoi les adultes se sont-ils battus entre eux ?




Autant de questions qui restent pour le moment sans réponse. Ce comportement est totalement inhabituel et, à ma connaissance, n’avait jamais été observé.
Tout cela nous prouve en tout cas que la structure sociale d’un clan comporte encore bien des zones d’ombre.



Publié dans Animaux

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hamzamjid 19/03/2009 20:42

jaime bien les bagarres des lions contre les autres animaux sauvages ce qui montre la vie naturelle sur la nature.

eric 25/01/2009 22:44

J'ai vu un reportage où une femelle d'un clan est mordu par un serpent.Agonisante elle sera achevée sans pitié par 2 males du clan...les lionceaux se sont peut-être imprégnée d'une odeur inacceptable étrangère???

claudia 27/04/2008 13:16

super blog, super photo
Moi qui suis Lionne et ayant un p'tit lionceau, je nous retrouve !

Ptitsa 22/04/2008 15:21

J'avais déjà vu des documentaires sur les lions et les lionnes où j'avais découvert que ces animaux n'étaient pas tendres. après cet article, aurai-je encore le courage de m'aventurer ici ? Bon, je ferai gaffe à mes plumes de colibri. Bien le bonjour au Québec ! ;)

Mickael 06/04/2008 09:57

Qui est le plus fort entre la hyène et le plus fort des chiens ?